MOTS POUR MAUX


Enseigner, c’est possible!, le premier tome de Mots pour maux à l’école primaire, est un essai proposant aux enseignants des méthodes, et un ensemble d’outils, pour qu’à l’école primaire, les enseignants enseignent et que les élèves apprennent.

Au-delà de l’analyse d’une centaine de situations de violence rencontrées à l’école primaire, Elisabeth Godon, Professeur des écoles, a voulu qu’Enseigner, c’est possible! leur apporte une aide réelle lorsqu’ils ne parviennent pas à enseigner : leur classe étant le théâtre de débordements qu’ils passent leur temps à gérer, ce livre leur propose des solutions pratiques selon la situation. Cet ouvrage s’adresse donc aux enseignants devant une classe.



Que sont mes élèves devenus? le second tome de Mots pour maux à l’école primaire, est l’étude systématique, au cas par cas, de centaines de dossiers d’élèves en difficulté scolaire pour lesquels la psychologue scolaire est intervenue : depuis combien de temps l’enfant manifestait-il, par son comportement, qu’il était en souffrance? Comment? Quand les adultes ont-il réagi? Quelle solution ont-ils pu mettre en oeuvre? Si oui, quand, et avec quel résultat?

Que sont mes élèves devenus? veut identifier des solutions pour qu’à l’école primaire, les difficultés de l’enfant vis-à-vis de son enseignant, de ses parents, de ses camarades et de la chose enseignée soient efficacement prises en compte. C’est aux élèves en difficulté que cet ouvrage s’adresse. C’est pour eux, que plusieurs élèves ont tenu à témoigner. Les enseignants et les parents démunis trouveront dans cet ouvrage des explications et des conseils pratiques pour que l’enfant apprenne.

Une vie de pays en pays, de combat en combat, de livre en livre, pour que les enfants où qu'ils soient, quels qu'ils soient, quelles que soient leurs langues et leurs cultures, deviennent libres par le savoir.

Un parcours autour du monde, avec une idée fixe : n'oublier aucun élève.

Anticiper l'échec scolaire



En quittant la Guyane, en 1984, après avoir travaillé comme psychologue clinicienne durant une dizaine d’années dans ce département, mon bilan était le suivant : beaucoup d’enfants, alors même qu’ils étaient parfois psychologiquement remis d’aplomb, continuaient de ne pas suivre en classe, leurs conditions de vie et de scolarisation ayant entraîné des lacunes trop importantes dans leurs acquis. Ils ne comblaient jamais ces lacunes.


Il était donc nécessaire, de mon point de vue, d’appréhender bien avant l’entrée au CP ce qui pourrait empêcher un enfant d’entrer correctement dans les apprentissages. C’est pourquoi j’avais décidé de devenir enseignante, à l’école maternelle, ce que je fus en Afrique, puis au Vietnam, puis à Paris où, devant les difficultés engendrées par la violence dans les écoles de La Goutte d’Or, j’avais analysé une centaine de situations de violence, et écrit, en 2002, « Mots pour maux à l’école primaire : enseigner, c’est possible! ». (Une nouvelle version de cet ouvrage vient d'être éditée aux Éditions Alopex, mars 2020)

Parallèlement, en fonction des questionnements que mon quotidien professionnel engendrait, j’avais repris, après la formation de professeur des écoles en IUFM, des études de langues et culture, de théâtre… Toujours pour essayer d’anticiper les difficultés auxquelles seraient confrontés les élèves, où, et quels qu’ils soient.


Dans le même temps, je m’étais rendu compte d’une sorte de constante : on ne s’occupe que de l’élève. Alors qu’il s’agit d’un dysfonctionnement, mettant en cause trois éléments : l’enfant, l’enseignant et l’enseignement en soi. À quel moment peut-on se rendre compte que quelque chose, entre les trois éléments du fonctionnement, cloche, et comment faire pour inverser le mouvement?


La vie d’un enfant ne commence pas à l’école. Elle commence bien avant. Comment intégrer dans le développement de l’enfant tout ce qu’il est AVANT? Ces questions exigeaient des réponses, mais surtout une étude systématique. Que j’entrepris dès ma prise de fonction, en 1999, de psychologue scolaire à Paris, dans le 19ème arrondissement.


Et que je poursuivis durant cinq années en Guyane, dans les écoles situées le long du fleuve Maroni. Ce fut l’occasion pour moi de me rendre compte que tous les élèves n’ont pas accès de la même façon aux mêmes droits à la santé et à l’éducation : car une fois leurs difficultés identifiées, aucune solution ne pouvait, pour plus de la moitié d’entre eux, et pour des raisons culturelles, administratives ou géographiques, être mise en œuvre. Rendre accessibles et possibles à ces enfants oubliés par la Loi les aides prévues pour eux comme pour tous les enfants de la République a été mon combat permanent durant ces cinq années. Et c’est ce combat quotidien que je relate dans Les enfants du fleuve, (L’Harmattan, 2008).


A l’issue de mon séjour en Guadeloupe, en 2012, durant lequel j’avais travaillé en étroite collaboration avec des maîtres spécialisés en pédagogie, mon constat était, cette fois, sans appel : le nombre d’élèves de CE2 ayant besoin d'une rééducation quelconque, était, partout, étonnamment élevé.

Pourquoi, durant toutes ces années, tant à Paris, qu’en Guyane ou en Guadeloupe, autant d’élèves entraient-ils au CM1 sans savoir lire, écrire et compter? Pourquoi les aides préconisées, les rééducations, l’engagement de tous ces enseignants et spécialistes, les efforts de l’élève lui-même, ceux de ses parents n’avaient-ils pas abouti à une réelle amélioration? À quel moment, dans la vie de l’enfant, un signalement avait-il été suivi d’effet, et l’élève remis avec succès à sa place d’élève? Et de quelle manière?


Pour tenter de répondre à cette question, j’ai décidé, Il y a un peu plus d’une année, de reprendre, les uns après les autres, plusieurs centaines de mes dossiers dans le but d’en effectuer une étude minutieuse et rigoureuse. Je voulais en avoir le coeur net : qu’étaient devenus, un, deux ou trois ans après le signalement de leurs difficultés, les enfants en question? Avaient-ils pu avoir accès à des soins, des rééducations? Par quel professionnel? Combien de temps après le signalement initial? J’avais assez d’éléments pour réaliser un bilan.


Cette étude, illustrée par une cinquantaine d’exemples vécus et des témoignages d’anciens élèves, s’adresse aux enseignants comme aux parents, souvent démunis, et liste les méthodes que j’ai pu expérimenter. À travers des conseils pratiques simples et des stratégies éprouvées, je tente de transmettre les clés qui vont permettre à l’enfant de construire ou de restaurer son estime de soi. Que sont mes élèves devenus? (Alopex, mars 2020)démontre que l’école maternelle est l’endroit (et le moment) où intervenir, afin d’anticiper et d’éviter le développement de troubles susceptibles de devenir invalidants au fil des années.